Avril 2004

 
         
         
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Le devis de l'ascensoriste est arrivé accompagné d'un paquet de gaufrettes. De la part de Monsieur Goftette qui a beaucoup d'humour. Evidemment, j'ai corrigé l'orthographe de son nom dans ma base de données, envoyé un petit mot d'excuses et de remerciements.

 
         
         
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Il y a quelque temps, j'ai vu "Fargo" des Frères Coen, film que j'ai beaucoup apprécié. Puis j'ai rendu le dvd au vidéo club avec l'envie de voir bientôt d'autres films des frères. Pour elle, la route s'est arrêtée là. Etonnant.

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Appel de "New-York JG", ce matin. "L'amour de sa vie", chez qui il a emmenagé il y a presqu'un an, a rencontré un autre homme. Elle lui donne plus ou moins une semaine pour quitter leur (son) appartement. Il est totalement broyé. Voix blanche, mots qui trébuchent, fatigue, mon coeur s'est serré lorsqu'il m'a raconté ces derniers jours.

¨Pour résumer, j'ai un coloc à partir de mardi soir. Le temps qu'il se trouve un coin à lui sans être obligé de prendre n'importe quoi , par exemple le placard de 12 m² à 600 euros par mois qu'il visite aujourd'hui.

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Ce matin, j'ai doublé dans l'escalier le fantôme de mon voisin du 2ème étage. L'air un peu hagard, une valise à la main, il s'apprêtait à conduire sa femme, sur le point d'accoucher, à la clinique. Comme participant à cet heureux événement, les branches noires du square s'étaient ornées de jeunes pousses d'un très vivifiant vert irlandais et les pages d'un journal tournoyaient dans le couloir du métro.

Plus égoïstement, un petit ouf de soulagement puisque JG a trouvé un appartement hier et y emménage en fin de semaine. Il dort en alternance à la maison ou chez son ami C. et ses meubles iront directement de la case départ à la case arrivée sans passer par la case "JoYa". Je commençais à paniquer à l'idée d'être envahie même si les meubles pouvaient être entreposés à la cave.

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7h du matin. Je prends le risque de réveiller ChagsBral qui dort dans la chambre, juste à côté, en mettant en route le PC. Ca m'ennuierait. Seulement voilà...

Nuit totalement blanche avec en arrière plan cette semaine qui s'est écoulée émotionnellement en dents de scie. Felix, avec lequel j'ai passé plus de deux heures samedi après-midi, qui espère voir se nouer un lien d'amitié aussi fort que le fût notre relation amoureuse. Seulement, je suis bien consciente que l'amitié n'a jamais été inscrite au menu de notre histoire et, compte tenu de ce qu'il m'a avoué, je ne suis pas certaine de vouloir aller plus avant. Le sentiment de trahison est encore assez vif. Et puis, il y a ce doute qui ne me quitte pas depuis notre rencontre. Demeure en moi, malgré ce que je crois avoir constaté de changé (confirmé par Simon), l'image d'un Felix brillant manipulateur. Je ne vois rien de gratuit dans cette envie de me revoir et imagine quelques motivations peu reluisantes. Peut être à tort ?

Ampo est passé à la maison mardi soir. Nous ne nous étions pas vus depuis plusieurs semaines et le désir que nous avions l'un de l'autre s'est révélé très vivement dès la porte refermée. Notre histoire est entrée dans une de ces phases où nous nous voyons un peu moins souvent et où chaque retrouvaille est empreinte d'une plus grande attente, d'un désir exacerbé. Et cela se manifeste par des rapports plus physiques, plus bruts, un abandon plus immédiat. Hum... je voulais pas particulièrement parler de ça. Je crois que la fatigue me fait perdre le fil... En tout cas, il me semble que nous nous écartons l'un de l'autre, que la part d'amitié qui, pour le coup nous lie depuis 8 ans, s'effiloche un peu. Lui se renferme sur ses soucis professionnels et son inquiétude quant à son fils qui a repassé des tests chez le pédo-psychiatre. Moi, je lui laisse moins accès à une partie de ma vie. Le fait est qu'après notre discussion, après que j'ai émis l'idée de faire une pause, nous nous sommes quittés tristounets tous les deux.

En ce qui concerne ChagsBral, il a suffi d'une simple hésitation de sa part pour que mon coeur se vrille un peu. Alors que je suis attentive à ce que je ressens afin de poser mes limites et que je me sens assez en confiance pour ne pas hésiter à les lui exprimer, lui trébuche. Dans le fonds, ce n'est pas très grave et sur la forme cela a permis de redéfinir nos attentes à chacun. Pour ce qui est du coup au coeur, j'en fais mon affaire. Un week-end à la campagne va me permettre de prendre un peu de recul. Je me recentre sur ce qui est important, à mes yeux, sur ce que nous vivons tous les deux. Sur une très belle liaison.

18h00 - Je me trouve dans le train qui file vers Macampagne. Cela fait 34 heures que je n'ai pas dormi. Chapman et Delerm tiennent compagnie à mes oreilles, mon cerveau, lui, est incapable de se concentrer sur la moindre ligne du journal "L'Imbécile" ou "Les Ecritures" de Cavanna. J'en profite pour faire le vide afin d'arriver d'humeur neutre, allégée de cette semaine qui s'achève, chez Metog.

Deux jeunes filles, derrière moi, racontent à une copine leur participation à un "casting" pour un job d'hôtesse dans des boites de nuit de la région. Il s'agit en fait de promouvoir une boisson anisée et il leur sera versé une "prime de risque" de 80 euros si elles décident de boire deux ou trois verres de ladite boisson lors de la soirée. 80 euros, le prix d'une vie ?

 
     
         
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"On ne peut pas passer son temps à n'avoir que de bons sentiments". Il est 10 heures et je fredonne en buvant mon café devant la grande fenêtre de la cuisine qui surplombe le milieu de la rivière. Sensation d'être à la proue d'un navire mais sentiment de ne pas être aux commandes de ma vie ces derniers jours. J'ai trois jours pour finir de lâcher prise.

Avant de partir rejoindre Obaasama pour déjeuner, je visite le site de Ro-tsa et je reste scotchée car ce que j'avais perçu de lui, en matière de rage et de frustration, devient d'un coup bien réel. Par contre, tout en appréciant la confiance dont il fait preuve, je me suis demandée pourquoi il m'avait donné accès à ces lignes si personnelles. Je ne me sens pas capable d'en faire autant. Du moins, pour le moment.

Repas très agréable avec ma grand-mère. Valse des fantômes autour de la table mais les souvenirs sont de nature joyeuse alors elle sourit souvent. Jusqu'à ce qu'elle se demande si Dieu ne l'a pas oubliée. "Le 26 avril, trois ans déjà" me fait-elle remarquer "et moi je suis toujours là". J'ai beau prendre ses mains dans les miennes, elles restent glacées. Alors, pour la ramener dans le flot de la vie, j'ouvre des cartons trouvés dans le pavillon et choisis quelques hauts en dentelles et soie ayant appartenu à de lointaines aïeules. Puis, après une dernière tasse de thé, nous faisons, lentement, un tour de jardin avant de nous quitter. Je rentre chez Metog, les bras chargés de branches de thym, de pommiers en fleurs et de pots de gelée de groseille.

Lorsque celui-ci arrive, je suis immergée jusqu'au cou dans un bain brûlant. Il s'y glisse face à moi et entre grognements et rires nous tentons de trouver une position confortable pour tous deux. Moment très agréable que je voudrais prolonger mais il n'y a qu'une séance pour le film que nous souhaitons voir. "Agents Secrets" fut d'ailleurs une grosse déception. Pas beaucoup d'action. La vie quotidienne (parfois piégée) de barbouzes à états d'âme. Et une fin en eau de boudin.

Rapide connexion au creux de la nuit. De lien en lien, j'atterris sur le journal de C. et je fais le lien avec Yo-Ba. Vais-je lui poser la question ?

 
         
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Hier, 2 h de marche en forêt et cet après-midi passé au milieu des vignes et des champs de blé verts à paresser au soleil m'ont permis de reprendre de la couleur.

Comme j'apprécie ces parenthèses, comme j'aime retrouver les reliefs de cette région, l'odeur de la rivière, de la terre. Ici vibre à nouveau en moi la part de bonheur de mon enfance. Alors je peux plus facilement me retourner sur cette période. D'ailleurs, Obaasama réveille beacoup de ces souvenirs, involontairement. Samedi, elle a constaté en souriant que je devenais plus sage parce que je ne me précipitais plus pour marcher pieds nus dans le jardin dès que j'arrivais. Ce que j'ai toujours fait d'aussi loin que je me souvienne. Je la revois me grondant du haut de l'escalier. Je l'entends encore me demander si je n'ai pas du "sang de romanichelles" dans les veines, ce à quoi je répondais "Bien sûr, il me vient de ton père". J'étais contente de lui clouer le bec. Aujourd'hui, je sais combien j'étais sottement cruelle.

Si je pense au visage d'Obaasama, j'y vois toujours flotter le sourire de l'indulgence.

 
         
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Non, je ne veux pas descendre, pour le moment, de ce fantastique manège même si, parfois, j'y perds des plumes ou des poils, même si la tête m'y tourne.

Je n'ai pas opté pour la facilité. Comment le lui faire comprendre ?

Ce soir, je suis un peu lasse de ces conversations stériles.

 
         
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Continuons à être de bonne humeur, ça fait du bien.

Aujourd'hui, je dois donner ma réponse à ChasseurdeTêtes alors que j'ai le rationnel qui bat la campagne.

Je dois ... il faudrait .... à réaliser ...... la page de l'agenda noircie, les heures qui filent, JG, Ro-tsa au téléphone, le bout de l'index gauche tout rouge à force de taper comme une brute sur la touche "t". Priorité : acheter un clavier.

Priorité(bis) : cesser de penser à "La Chamade".

 
         
   
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Un temple flottant sur l'eau d'un lac à l'écart du monde, l'apprentissage d'un jeune moine auprès de son maître, le cycle de la vie (et sa cruauté, notamment la mort de cette mère au visage voilé venue abandonner son enfant au temple), "Printemps, été, automne, hiver et printemps" un film coréen vu hier soir dont l'esthétique et le message (quoi qu'un peu simpliste pour ce qui est des conséquences de l'amour et des passions), m'ont profondément touchée. A recommander.

Après un rapide détour par la maison, afin d'y prendre les livres à lui remettre, j'ai retrouvé Sang-Po et les théâtreux dans un bar de mon quartier. Excellent moment qui m'a, en plus, permis d'avoir des nouvelles du Luthiste. Puis, des quelques mots échangés sur le trottoir avant de nous séparer, j'ai compris que pour Sang-Po également le manque d'Amala se faisait bien plus vif que les deux années précédentes. Quoi faire le 26 ?

Ousmane Sow expose en Moselle (Château de Malbrouck à Manderen) et j'ai bien envie d'y aller.

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17h30

Je sortais du métro le livre de Delerm "Paris l'instant" encore à la main. Toute pleine de ce que je venais de lire

"Ca doit être marrant d'habiter là-haut ! Marrant, et peut être plus. Là-haut, dans une improbable mansarde, un minuscule rien-du-tout aménagé tout courbe et tout penché, on doit mener à jamais une fin d'adolescence paresseusement créatrice, une vie de poète, en somme, mais sans obligation de production. Non, il s'agirait plutôt de dominer Paris. D'autres toits, sans doute, un square, un jardin, une cour. Peu importe. Plus que le paysage lui-même, c'est la main-mise sur le paysage qui compterait. On tiendrait tout comme ça, à l'heure où les autres n'ont plus le temps de rêvasser... "

Mon portable a sonné. Il s'agissait de Sang-Po, parti ce matin à la MaisondeCampagne avec Kaba. La voix sourde pour me dire ce qu'il n'avait pu m'apprendre hier.

Un enterrement la semaine prochaine.

Parfois, là-haut dans l'appartement sous les toits, malgré la jolie vue sur le jardinet planté d'arbres, un être abandonne la lutte.

J'ai doublement de la peine. Pour J. qui vient de perdre sa soeur et parce que c'est Sang-Po qui l'a découverte ainsi.

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Mon coeur fait flip-flap, tressaille comme une carpe hors de l'eau. Amala avait elle raison ? Le coeur peut il décider un jour que trop c'est trop et s'arrêter prématurément ? D'avoir trop aimé, trop été pincé, trop bondi de joie ou sous le plaisir, de s'être trop serré sous la peine...

Via

Je m'exile 48 heures de mon coeur. Du moins, je vais essayer.

La faille qui se creuse, ce glissement que je ne peux arrêter, la fin d'une histoire, ça fait un peu beaucoup en plus du reste. Ou peut être n'est-ce pas un hasard ? Peut être suis je tout simplement dans un état de plus grande lucidité ? Plus consciente de la dynamique.

"La liberté ne survient que lorsque l'action est celle d'une vision claire ; elle n'est jamais déclenchée par une révolte". Krishnamurti

*

A la lecture de l'entrée de Théo, tout à l'heure, des images sont revenues. Simples flashs. Piscine Deligny. Clapotis de l'eau, texture des énormes bouées noires, goût des sodas, caresses du soleil, "bloing" du plongeoir, empreinte de pieds mouillés sur le sol de bois brûlant. Puis, le souvenir c'est fait plus précis en croisant son visage à la page 58 du Zurban de cette semaine.

Ma main dans celle de Gabriel M. alors que nous remontons du quai, que nous longeons le Palais Bourbon pour arriver devant la porte cochère de mon immeuble. Les derniers mots et mon "non" chuchotés. Les marches jusqu'à l'appartement remontées en tremblant. Un émoi certain. Et j'en imagine pensant que je l'ai échappé belle. Et ça me ferait sourire si ce n'était pas si triste.

Quelques semaines plus tard, sur une plage corse, le visage maintenu dans le sable...

*

Extrait "baume" : "Une dernière chose, j'aurais aimé être sur Paris le 26... j'aurais peut-être pu t'emmener hors du quotidien si tu le désirais..."

*

La couleur de mon jour anniversaire : Earth Red (entertaining, quick, intelligent)

"Your gift with words and nuances can be quiet dazzling. You need to be connected with nature and outdoors. Although your mind is active and alert, being close to nature moves you toward wisdom and away from the trappings of over-thinking. Miracles happen when you connect with trust and quiet".

 
         
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Gain et perte.

Les balances vont se réajuster tout doucement jusqu'à l'équilibre.

Ce matin était un matin qui sourit, un matin à envie de pull rose. Et il était là qui m'attendait, le petit pull, en rayon d'un magasin à deux pas du bureau. D'un rose un peu plus framboise que les pétales de fleurs qui tournoyaient dans la rue bordée d'arbres où nous passions hier après-midi.

ChagsBral a eu un sourire en biais devant ce tableau "kawai". Moi, je l'ai apprécié tout comme, un peu plus tard, sous la halle du Marché du Livre, les délicates illustrations d'une édition ancienne de Madame Chrysanthème de Loti. Le prix qui en était demandé a toutefois figé mon sourire un bref instant : 100 euros. Plouf !

Pas d'achat coup de coeur mais, le long des allées, au hasard des stands, des mains qui s'éloignent et se retrouvent, des baisers à l'air neuf.

Et au creux de la nuit, je me suis endormie bercée par les mots "sparadraps".

 
         
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Le musée comme une pochette surprise : anticipation, découverte, écho, échappée, parfois en rose, parfois en anthracite.

En vrac, les "coups de coeur" de l'expo "La Grande Parade" vue ce soir avec Dalba : Grimaces et Misères 1888 de Fernand Pelez :

Les Clowns 1920 de José Guttierez Solana ;

Soir bleu 1914 d'Edward Hopper :

Les Acrobates du Cirque 1988 de Georges Segal.

Expo éclectique au possible offrant en bousculade les visages grimaçants, tristes, ironiques des gens de cirque, d'artistes marginalisés. Un assemblage détonant.

Le tableau de José Guttierez Solana m'a plus particulièrement retenu parce que j'y ai croisé quelque chose de moi qu'il m'a fallu apprivoiser en faisant deux fois le tour de la salle. Serrement de coeur que je n'ai pas pris le temps de bien fouiller, Dalba s'impatientant.

Mais il venait en écho de ma conversation avec JG, hier soir, alors que nous dinions dans le délicieux petit restau indien à deux pas de la maison. Je réalise que 15 ans d'amitié non plus ne suffisent pas. Evoqué l'idée que le journal a pu être un moyen de me prouver que tout en moi n'avait pas été saccagé.

 
         
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Passé le début de la matinée à glandouiller avec Tserba, de retour à Paris pour, bientôt, y accoucher. Matinée blablablas et découverte, grâce à elle, des cartes (au hasard d'un clic).

Après son départ, je me suis replongée dans les catalogues et ouvrages de Jephan de Villiers. Je me demande ce que sont devenues Caroline et la galerie. Que devient cette famille ? Quel est le visage de ce petit garçon né 18 mois après le décès d'Amala ? Impression de gâchis. Pas de regrets cependant. Il n'y a qu'un pas à faire pour raviver le souvenir des discussions en l'Etude de la rue Saint-Fiacre.

Conversation rapide et tendue avec Sang-Po hier au téléphone au sujet du dîner de lundi qui m'a laissé un sentiment de lassitude. Je vois bien que je tourne en boucle depuis quelque temps, cherchant à donner un sens à cette journée qui a laissé si profondément son empreinte. Je ne sais pas si nous aurons l'occasion d'aborder cela demain pendant la manif. Je l'espère.

*Soupir* Conversation trop rapide avec Ro-tsa également, en fin de matinée. Le temps de m'annoncer le résultat des analyses et moi de sortir quelques propos d'une banalité affreuse. Un trop plein un peu plus tard et des larmes qui se cachent dans l'eau savonneuse de la douche. Regret de ne pouvoir prendre le train comme ça, tout de suite, pour pouvoir discuter de tout cela face à face.

Ni le très plaisant soleil dont j'ai profité cet après-midi le long du Canal Saint Martin ni même les mots couchés sur le papier ne m'ont rendue plus sereine. Je vais tenter de lutter encore un peu contre cette envie de me cacher sous la couette.

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Dans le silence le plus complet, une fois l'appartement rangé, j'ai ôté la bague qui me vient d'Amala, pris une douche rapide, ouvert la fenêtre du bureau, préparé le sel, les bougies et les fleurs pour la séance de "space clearing". Je me suis concentrée sur chacun des gestes à accomplir, certaine des intentions qui m'amenaient là. Dans cet espace vibrant, rechargé, j'ai finalement accepté l'idée que ce 26 avril n'avait pas plus de sens que tout autre jour de l'année, que je pouvais me détacher de ce dernier lien. Trois ans auront été nécessaires.

 
         
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"What you risk reveals what you value." Jeanette Winterson

Semaine 100 % boulot et des heures qui soit filent soit n'en finissent pas. Après 12 ou 14 heures de stress, je ne rêve que des massages shiatsu de JG qui, hélas, n'est pas disponible et finis par me coucher en ayant à peine dîné, parfois sans lire, ce qui est bien plus révélateur. Je ne parle pas de tout ce que je laisse en plan actuellement. Pas même le temps d'écrire quelques mails ou une lettre à Tsering dont le silence m'étonne.

Ce matin, je me suis réveillée avec une tache rouge à l'oeil droit. Réaction au collyre ? Problème lié à la tension ? Et voilà, encore un truc à régler avant de partir. Appeler l'ophtalmo, obtenir un rendez-vous aujourd'hui ou demain. Du temps, besoin de plus de temps. Quelque part, dans ma tête, comme une bête horrible que je laisse me manipuler, la pile de boulot à finir qui n'en finit pas puisque chaque jour apporte son lot d'urgences.

Un moment de rires et de plaisir, quand même, hier soir en compagnie de ChagsBral. Nous sommes allés voir "Créatures" au Théâtre de la Renaissance, spectacle "déjanté", farfelu qui m'a beaucoup plu.

Alors pourquoi garder en tête, quand la soirée fut de rires, la nuit tendre, une assiette de saumon et d'asperges à peine entamée, une boule à l'estomac ?

 
         
   
         
     
         
     
         
   
         
     
         
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