Juin 2004

 
         
         
 

1

8h00

Il y a encore peu, tout ce que je vis actuellement l'aurait été dans le silence, m'aurait poussé à me replier sur moi-même. Au lieu de cela, je continue mon apprentissage du partage et j'accepte le regard de l'autre dans ces moments où ma vulnérabilité se révèle.

Il y a eu une succession d'instants de doute, de bonheur, de sérénité, d'inquiétude depuis une semaine et, par deux fois, le "hasard" a voulu que ChagsBral y entre de plein pied. Sa capacité à être là m'écoutant et m'entourant de tendresse, à mettre le doigt sur ces zones d'ombre qui existent parallèlement à mes certitudes et à me pousser à en explorer les raisons avec plus de lucidité, tout cela est d'une aide précieuse et amène un peu de clarté.

Dans ce projet, il y a une part énorme d'inconnu. Il va bien falloir que j'apprenne à gérer cela, à tempérer mes espoirs, à vivre les étapes une à une. Ces derniers jours me montrent que cela sera peut être le plus dur. Reste à espérer que je vais apprendre comme je l'ai fait auparavant dans d'autres circonstances.

22h00

J'ai quitté JG, après notre soirée à la Maison de la Poésie, alors qu'il insistait pour que j'enchaîne avec lui sur un spectacle au Théâtre de Dix Heures. J'ai choisi de vite refermer la porte de l'appartement sur moi. Parce que voilà... après avoir découvert aujourd'hui que la personne consultée ce matin m'a cachée une part de vérité, après avoir fait une recherche minutieuse sur Google en fin d'après-midi au bureau qui a confirmé mes soupçons, après avoir un peu discuté avec Ponya de tout cela, j'ai senti que la déception était importante, qu'une vague de larmes allait surgir et que je n'allais pas la combattre celle-là.

Je ne me suis pas trompée. Hélas, je ne me sens pas beaucoup mieux.

J'aimerais pouvoir tempérer mes émotions, ne plus avoir le sentiment de vivre sur des montagnes russes. Tout cela me laisse ce soir avec une impression énorme de fatigue.

Demain, bien évidemment, je prendrai des informations supplémentaires auprès de la personne qui devait reprendre la suite de mon dossier. J'ai trop besoin d'être mise face à la réalité. Aucune envie qu'on me balade.

Je m'en veux presque de donner autant de poids à ce qui, dans le fonds, n'était qu'une première piste, toute incroyable qu'elle ait été. Il me reste d'autres portes à ouvrir, d'autres pistes à suivre. L'aventure, en réalité, ne fait que commencer...

Je vais juste essayer de passer cette nuit le mieux possible, négocier pied à pied avec ma déception, remettre un peu d'ordre là où il y a du chaos.

 
         
         
  4

Tant de choses sur lesquelles écrire et pourtant ... Dans ma tête y'a une toupie qui part en vrille et qui m'empêche de trouver le fil.

Il y a dix jours, j'ai conféré à un événement survenant dans ma vie des pouvoirs quasi-magiques. J'y ai vu un signe formel du destin avec un grand D. J'ai cru (naïvement ?) que les informations positives se succéderaient les unes aux autres même si cela prenait un peu de temps.

Il n'en est rien.

L'impulsion de départ à eu un goût de miraculeux mais depuis je ne fais que passer de moments d'attente en moments d'attente. Prochaine étape lundi après-midi et normalement, enfin, du concret.

Ce week-end je vais essayer de prendre sur moi, de ne pas porter toute mon attention sur ce seul aspect de ma vie, habiter un autre appartement que le mien histoire de changer d'air, me concentrer sur l'instant présent plutôt que vivre dans l'attente de lundi.

 
     
         
  6

J'ai trouvé refuge ce week-end dans l'appartement familial ayant en tête de passer ces 48 heures hors de mon cadre quotidien et d'ainsi faire passer un peu d'air frais sous mon crâne.

Au résultat, ça a donné : un thé avec des amies au Delicabar, j'ai regardé "True Romance", scénario de Tarantino, et le Vol. 3 de "24 heures" (deux excellents moments), préparé une méga omelette jambon-fromage et des frites au four (au diable le régime !), me suis endormie au rythme d'un autre coeur, au chaud d'une autre peau, ai réussi à faire un peu le vide, à retrouver un semblant de sérénité.

Par contre, j'ai été surprise du silence de Metog, depuis jeudi, compte tenu des dernières informations que je lui avais données. Non pas que j'attende de lui qu'il nous porte à bout de bras moi et mes inquiétudes mais il est vrai qu'un simple coup de fil pour prendre des nouvelles m'aurait fait plaisir. J'ai beau savoir à quel point il a du mal à gérer mes coups d'émotion, c'est un peu dur.

Je coqalâne.

En y habitant, j'ai réalisé à quel point cet appartement est encombré, combien le goût immodéré de ma belle-mère pour le shopping répond en écho à celui de tout garder ("on sait jamais") de mon père. Comme pour la maison de campagne, faudra un jour prévoir une méga benne. Et ça, c'est le boulot de Sang-Po d'en persuader papa. Peut-être qu'avec les travaux prévus cet été et dont devrait s'occuper ChefDéco....

Et puis j'avais oublié que les cloches de Ste Clo pouvaient faire un tel vacarme le dimanche matin.

Bref, ce week-end est passé. J'allais dire pas trop mal, ma foi ! Disons qu'il est passé.

 
         
  8

Depuis une semaine, je passe de prises de sang en résultats d'analyses non concluants, de coups de fils passés au labo, du bureau avec discrétion, à des nuits très agitées, d'échographies non déterminantes à la dernière échographie d'aujourd'hui qui l'est.

Je sais donc à quoi m'en tenir et la réalité, quelque soit sa cruauté, est pour moi bien plus supportable que le doute avec lequel je vis depuis bien trop de jours.

Ma grossesse n'est pas évolutive et depuis ce matin je traîne une tristesse immense.

Cet extraordinaire cadeau que me faisait la vie alors même que je mettais en route mon projet d'adoption a été, le premier moment de surprise passé, révélateur à plus d'un titre. Tout d'abord, il me renforce dans mes convictions mais, également, il m'a obligé à faire face à ma vulnérabilité alors que je trimballe souvent cette idée, qu'ayant surmonté d'autres épreuves, je suis quasi-insubmersible.

Alors dans les prochains jours, après mon dernier passage à la clinique demain, je vais prendre le temps de vivre ma peine puis de reprendre ma pleine place dans le courant de la vie.

Il restera, malgré tout, des effets positifs de ce début d'aventure même s'il fut chaotique.

 
         
  13

Ca a commencé vers 16h00.

Tremblante, je me suis réfugiée sous la couette, tentant en vain de me réchauffer. Sont arrivées les vagues successives de pleurs, de tremblements, de pensées sombres. Je me suis vue non plus longeant ce vaste ravin qu'il m'est déjà arrivé de surveiller d'un oeil vigilant mais assise au bord, les pieds se balançant dans le vide. Tentation énorme de me laisser glisser, d'abandonner la lutte au moins un temps. De me mettre en marge de cette vie qui demande tant d'effort. Et puis, de nouvelles larmes, en quelque sorte salvatrices, parce qu'il y a là une part très consciente de moi qui ne lâche pas prise et qui ressent une peur panique à l'idée de ne plus vivre pleinement une fois que je serai au fond du trou. Une interdiction que je me fais à moi-même de me voler ne serait-ce qu'une part de vie.

Deux heures plus tard, je ne me sens toujours pas bien limpide, ni plus claire d'avoir jeté les mots ici.

Reste mon corps qui n'en peut plus d'avoir mal, mon moral qui risque de flancher encore sous la fatigue.

Sur la table de nuit, la morphine, à petites doses, qui soulage un peu.

Besoin de récupérer.

Et besoin de me récupérer. Y'a urgence.

 
         
  17

Un petit restau au pied de la Butte. Des tables et chaises en bois d'un genre qui me plaît (années 50 ?). Au mur, présence de faïences anciennes style "nouille", vestiges d'une boutique d'alimentaire. Une jolie guirlande blanche dans l'armoire à verres derrière le bar. Une serveuse brune, accorte. Une bière blanche, une grenadine. Un steak tartare et un curry d'agneau. Tous deux délicieux. Une tarte au citron. Du sucre glace sur la chantilly. Une main qui prend la mienne pour y déposer un baiser. Pas de cafés.

Un lecteur de dvd capricieux.

Une légère tension, une légère frustration. Les "faiblesses" dévoilées, l'importance de pouvoir le faire en confiance. Quelque chose sans prix dont je prends conscience.

Et puis le sommeil qui s'impose, lourd, réparateur. Loin de moi l'idée de lutter.

 
         
   
  19

Conscience retrouvée.

Il y a définitivement un avant et un après, comme jamais ressenti. Ce sentiment est d'autant plus curieux qu'il s'accompagne d'une impression de n'avoir rien vécu totalement. Il y a eu trop de retenue de ma part, plus de gestion de mes émotions que de capacité à vivre ce qui arrivait. Il en reste cette impression de flou, d'irréel avec un drôle d'arrière-goût.

***

Midi. Je quitte mon appartement pour retrouver Kaba à Saint-Mandé pour déjeuner. Il se met à pleuvoir. Le trottoir se transforme en mirroir reflettant les arbres du boulevard, un profil d'immeuble, le ciel. Mon regard s'y perd comme dans une composition de Wang Meng. Instant suspendu. Des flots de touristes me frôlent. Aveugles.

20

"... content de te retrouver l'esprit clair et d'avoir pu t'embrasser la nuque sans te fruster"

 
         
  21

L'équilibre revient doucement.

La communication avec Metog a repris de façon plus sereine. Ces dernières semaines ont été délicates pour nous, mettant l'accent sur ce décalage qui existe entre nos attentes. Lui souhaite une relation exclusive, une vie de couple "classique", que je le suive dans le Sud lorsqu'il y sera muté, que des enfants "oui bien sûr mais si nous les élevons ensemble".... Il a tendance à oublier qu'il n'y a pas d'envie commune sur ce point, que je n'ai pas envie de me glisser dans le moule, que j'aime ma vie telle qu'elle est actuellement, qu'il ne peut être question de choix. Nous sommes donc en phase de rajustement, lui peut être plus particulièrement. Je chamboule sa vie, je lui "impose" un autre regard et je sais que ça le remue, qu'il en a souffert et lorsqu'il repousse certaines de ses limites j'en viens à craindre ses motivations. Je ne détourne pas le regard, je ne me bouche pas les oreilles, je ne suis pas indifférente. Je me dis juste qu'il est libre de ses choix, qu'il les fait en connaissance de cause et que je ne veux pas en porter le poids.

 
         
  22

Je me sens rarement désemparée mais là, ce soir, c'est le cas.

Je devrais déjà être partie rejoindre Dalba à la "Maison de Campagne" où nous fêtons son anniversaire mais j'arrive pas à décoller.

Impuissante, c'est plutôt ça. Je me sens impuissante.

Quelques coupes de champagne, c'est ce qu'il me faut. Ca sera pas du luxe.

24

"Nuit courte mais très belle nuit d'anniversaire...".

 
         
  25

19h00. Le week-end commence avec CosmoVitelli en fond sonore, le soleil qui éclabousse le séjour et une ginger beer bien fraîche à siroter tranquillement.

Pour clore la semaine :

- je pensais que si nous étions amenées à nous croiser, nous pourrions,"au minimum", être capables de nous saluer (question de simple "courtoisie") avant de nous ignorer royalement l'une l'autre mais apparemment non... Cette possibilié de contact "virtuel" me laisse totalement indifférente. Si cela doit arriver, cela n'a pas d'impact dans ma réalité, ce qui me permet de fréquenter (c'est vrai, toujours aussi peu) ce coin du net sans arrière-pensées. Il faut croire que nous sommes bien différentes sur ce point. Je ne suis pas hypocrite, loin de là. J'étais à deux doigts de lui répondre qu'elle ne m'est rien, ne représente rien de plus qu'une de ces identités virtuelles que je croise de temps en temps ici et que je salue comme les autres" et puis à quoi bon .... "I have my own demons to fry".

- rendez-vous pris pour le 6 juillet à la clinique avec le vague espoir que, puisque c'est à faire, cela ira assez vite. J'en ai discuté avec GrandChef parce que cela signifie une absence de deux/trois semaines à laquelle s'ajoutera certainement une quinzaine de jours de vacances. No comment. Juste vu ses épaules s'affaisser un peu plus, son regard inquiet évaluer les piles de dossiers sur mon bureau avant de sortir quelques mots d'encouragement. Collègue M. a, du coup, décidé de prendre quelques jours la semaine prochaine, histoire de recharger les batteries. Elle aussi a levé le pied ces derniers temps, consciente que le rythme qu'elle s'est imposée est entrain de l'envoyer droit dans le mur. Les conneries, oublis, erreurs s'accumulent ... contente qu'elle puisse encore prendre ce recul.

- longue conversation tendue avec la soeur d'Amala concernant mon projet. Impression de lui avoir trop dévoilé, d'avoir donné trop de détails. En tout cas, elle ne comprend pas ma position qu'elle prend pour un revirement un peu hâtif, m'engage à prendre encore le temps d'y réfléchir, déballe une longue liste de toutes mes futures responsabilités... au point que je finis par décrocher, plus du tout réceptive lorsqu'elle en arrive au parallèle avec son propre cheminement. Mes choix la dépassent totalement.

- appels de Kunga et Simon, tous deux surpris de ne pas avoir de nouvelles depuis un mois. Je vois Simon demain. Kunga, ce ne sera pas avant une semaine mais je m'en réjouis d'autant plus que je pense pouvoir lui parler de mon projet et je sais qu'il pourra me conseiller concernant mes démarches au Népal.

 
         
  27

Rah Rah Sim Boom Bah ! La vie reprend son rythme habituel.

Bien que je pense plutôt me joindre à nouveau à une chorale de gospel à la rentrée, hier, j'ai suivi JG au spectacle de fin d'année organisé par les élèves d'un atelier de chant (variétés) qu'il souhaite intégrer. Groupe très sympa, de belles voix, une prof dynamique, lui est emballé mais pour moi c'est non. Ceci dit, JG n'aurait rien contre des cours de gospel, également. Je vais donc reprendre des contacts. Nous avons ensuite passé l'après-midi dans le quartier du Canal Saint Martin, partagé thé à la menthe, tarte au chocolat blanc et blablas à la Cantine. Nous nous sommes quittés sur la promesse de réconfortants massages des pieds lorsque je serai hospitalisée, une invitation à l'accompagner au concert de Thiéfaine aux Bouffes du Nord, le sentiment que notre amitié a su retrouver ses bases malgré ce que nous (ses amis parisiens) avons appelé " les humeurs odieuses de ses deux dernières années à New York".

Je suis ensuite rentrée à la maison, préparer en vitesse de quoi dîner avec Simon (saumon au prosciutto, salade de lentilles épinard herbes diverses sauce yaourt, abricots confits au romarin et glace vanille). Mon appétit est encore assez capricieux mais au moins je reprends plaisir à cuisiner et à recevoir. Mis une claque à la bouteille de Lillet, descendu un excellent vin blanc du Rheingau apporté par Simon. Jamais il ne m'avait autant parlé de lui, notamment de sa vie en Australie. Et quand il raconte la Tasmanie .... j'ai des envies de valises. Point positif, il n'a abordé la question "Felix" que pour me dire combien il comprenait ma décision. C'était bien la première fois que je l'entendais émettre un avis très personnel sur certains traits de caractère de son ami. Décidément, Felix restera un mystère pour bon nombre d'entre nous.

Ce matin, réveil franchement laborieux. Assez rare pour être noté. Café au lit et Courrier International sur lequel j'ai bien manqué me rendormir. Relu l'article sur ces deux gamines japonaises qui tenaient un journal en ligne et se lisaient. L'histoire finit par le meurtre de l'une par l'autre. L'horreur. J'ai pas trop bien compris, d'ailleurs, pourquoi Ro-Tsa voulait que je lui en envoie copie.

Grand coup de courage, musique à fond, je me suis à nouveau attaquée au débarras. Ouvert quelques cartons, fait du tri, rempli 2 grands sacs poubelles. J'y mets le temps mais ça avance. Cette fois-ci, je suis tombée sur la boite pleine de cartes (notamment fête des mères), dessins de nous trois enfants, lettres envoyées lors de classes de neige ou colonie. Ca déborde d'amour, de mots tendres et ça remue. Tout comme le texte que j'avais écrit pour la messe d'enterrement d'Amala. Je regroupe tous ces souvenirs avec l'idée qu'une fois le tri terminé, tout partira chez Obaasama et restera entreposé dans le pavillon au fond du jardin. Ainsi, Kaba et Sang-Po y auront accès quand ils le souhaiteront, sans avoir à passer par moi.

Ce midi, Philippe et les filles, à Paris pour 3 jours avant de partir pour l'Espagne, sont passés me prendre en voiture pour aller déjeuner dans un petit restau au bord de l'eau, sur l'Ile de La Jatte. Nous avons passé l'après-midi au Jardin des Plantes, visité la serre tropicale puis la Galerie de l'Evolution. Je les ai quittés le coeur un peu lourd car lui semble plus sombre, plus renfermé à chaque fois que nous nous voyons. J'ai surpris à plusieurs reprises les regards inquiets que ses filles portaient sur lui mais je n'ai pas eu l'occasion de discuter seule à seule avec elles alors j'ignore comment cela se passe réellement. J'ai juste espoir qu'avec le temps ...

 
         
  29

Désamour. Je ne sais pas où j'ai pu entendre ce mot. Désamour. Coup de foudre à l'envers.

En tout cas, même fulgurance qui laisse ébahie, le souffle court. Arrive ensuite cette petite douleur sournoise qui part du ventre pour s'étendre jusqu'à la gorge qui se serre, parce que la lucidité c'est terrible.

Reconnaître qu'il n'y a pas d'options, pas de joker à sortir habilement d'une manche, que nous sommes arrivés au point de rupture ou en tout cas que je ne sais pas aller plus loin, que je n'ai plus rien à offrir, plus d'envie.

Oui comme ça. Un peu soudainement. Oui.

Et ce mail qui arrive par surprise...

"si je ne suis rien pour toi, tu es une douleur lancinante pour moi alors je préfère ignorer ton existence, nous n'avons pas la même conception de l'amour, te dire bonjour ou voir ton nom me froisse le coeur et me rend triste, accepte le.   je n'ai pas choisi d'aimer X, mais c'est comme ça, et crois que si je pouvais y renoncer, je le ferais. Je pleure en écrivant ces quelques mots parce que je voudrais tellement que tu ne sois rien toi aussi. Tu gères c'est bien. Pas moi. Je suis amoureuse. Sans rancune"

Etonnant que l'on puisse confondre les sentiments, l'amour que l'on porte à l'autre et l'histoire qu'on vit avec lui.

 
         
     
         
     
         
   
         
     
         
  Copyright stuff: This is mine. I wrote it. I made it. You don't steal it.